Des traders travaillent dans une salle de marché au siège de l'opérateur boursier Euronext, dans le quartier d'affaires et financier de La Défense, à Courbevoie, près de Paris
par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse vendredi à l'ouverture, à l'exception de Londres, dans un contexte de volatilité accrue liée au secteur technologique.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,24% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,18% pour le Dax à Francfort et une baisse de 0,37% pour le FTSE à Londres, tandis que le Stoxx 600 devrait prendre 0,07%.
Les craintes que les investissements colossaux dans l'intelligence artificielle (IA) n'offrent pas les rendements escomptés et que cette technologie en plein essor pénalise les modèles économiques du secteur des logiciels, des données ou de la publicité ont pesé sur les marchés d'actions au cours de cette première semaine de février qui s'achève.
Après Alphabet mercredi, Amazon a dit jeudi prévoir un bond de plus de 50% de ses dépenses en capital cette année, suivant ainsi les traces d'autres géants technologiques américains qui déploient des investissements massifs pour renforcer leurs infrastructures d'IA.
Les indicateurs du marché du travail américain publiés jeudi ont par ailleurs contribué à refroidir le moral des investisseurs : le nombre de personnes ayant déposé une nouvelle demande d'allocations chômage a augmenté plus que prévu pour la semaine se terminant le 31 janvier, tandis que les offres d'emploi ont atteint leur plus bas niveau depuis plus de cinq ans en décembre.
Le rapport sur l'emploi non-agricole aux Etats-Unis pour janvier, dont la publication était initialement prévue ce vendredi, sera publié le 11 février en raison du récent court "shutdown" aux Etats-Unis.
Dans ce contexte, le marché a commencé à miser sur une probabilité accrue que la Réserve fédérale (Fed) abaisse ses taux lors de sa prochaine réunion, même si la plupart des opérateurs s'attendent toujours à ce qu'elle les maintienne inchangés.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) n'a pas créé de surprise en maintenant jeudi ses taux directeurs à leur niveau actuel, réaffirmant que l'inflation devrait se stabiliser autour de son objectif et minimisant l'impact de la vigueur de l'euro sur la politique monétaire.
La Banque d'Angleterre (BoE) a quant à elle laissé son principal taux directeur inchangé à 3,75%, tout en laissant la porte ouverte à une future réduction si le ralentissement prévu de l'inflation au cours des prochains mois s'avérait durable. La décision a toutefois été beaucoup plus serrée que prévu et a incité les opérateurs à renforcer leurs attentes d'une réduction de taux en mars.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N3Z12OQ]
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en nette baisse jeudi, le Nasdaq reculant à un plus bas depuis novembre dernier, dans le sillage des pertes subies par Microsoft, Amazon et d'autres géants technologiques, après qu'Alphabet a déclaré que ses dépenses en capital pourraient doubler en 2026 afin d'accélérer dans la course à l'intelligence artificielle (IA).
L'indice Dow Jones a cédé 1,20% à 48.908,72 points, le S&P-500, plus large, a perdu 1,23%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,59%.
EN ASIE
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a pris 0,81% au cours d'une séance volatile en raison des craintes sur la "tech" et alors que les investisseurs restent prudents à l'approche de l'élection législative de dimanche, un test crucial pour la Première ministre Sanae Takaichi.
En Chine, le sentiment est pénalisé par la technologie et par les pertes importantes enregistrées sur les contrats à terme sur l'argent.
L'indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale recule de 0,15%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï prend 0,18%.
La Bourse de Hong Kong recule de 0,8%.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 1,6 point de base à 4,1941%. Le deux ans perd un point de base à 3,4728%.
CHANGES
Le dollar perd 0,05% face à un panier de devises de référence, tout en restant près de son plus haut niveau depuis deux semaines. Le billet vert s'est raffermi depuis que le président américain Donald Trump a nommé Kevin Warsh à la présidence de la Fed la semaine dernière, les marchés s'attendant à ce qu'il ne fasse pas pression pour obtenir des baisses de taux, ce qui a apaisé certaines inquiétudes quant à l'indépendance de la banque centrale.
Le yen prend 0,1% à 156,85 pour un dollar à l'approche des élections de dimanche.
L'euro grappille 0,2% à 1,1798 dollar.
La livre sterling gagne 0,35% face au dollar après les pertes enregistrées la veille.
La semaine a également été volatile sur le marché des cryptomonnaies, qui paie le prix de l'aversion au risque, le bitcoin oscillant autour de 66.552 dollars après être tombé la veille sous la barre des 70.000 dollars pour la première fois depuis novembre 2024.
PÉTROLE
Les prix du pétrole progressent vendredi en attendant les négociations entre les États-Unis et l'Iran qui doivent se tenir à Oman plus tard dans la journée.
Le Brent prend 1,38% à 68,48 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,49% à 64,23 dollars.
MÉTAUX
Les métaux précieux cherchent pour leur part à se redresser après des chutes brutales plus tôt cette semaine, l'argent progressant de plus de 4% à 74,6 dollars et l'or gagnant 2% à 4.873,32 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 6 FÉVRIER :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 07h00 Production industrielle décembre -0,3% +0,8%
DE 07h00 Balance commerciale décembre 14,1 mds 13,1 mds
FR 07h45 Balance commerciale décembre - -4,17 mds
USA 15h00 Indice de confiance de février 55,0 56,4
l'Université du Michigan
(flash)
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)

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